Plus de bureau dans la chambre d’hôtel : où travaillent les voyageurs ?

Plus de bureau dans la chambre d'hôtel : où travaillent les voyageurs ?

Ouvrez la porte d’une chambre d’hôtel récente et cherchez le bureau. Souvent, il n’y en a plus. À sa place, une banquette sous la fenêtre, une petite table d’appoint, parfois une simple tablette murale. Le meuble qui faisait partie du mobilier obligé de toute chambre « affaires », avec sa lampe articulée, sa chaise à roulettes et son sous-main, est en train de disparaître, y compris dans des établissements qui accueillent surtout des voyageurs professionnels.

On pourrait y voir une économie de mobilier. C’est plutôt le signe que les hôtels ont regardé comment leurs clients travaillent réellement, et qu’ils en ont tiré des conclusions qui ne plaisent pas à tout le monde.

Le bureau servait surtout de porte-bagages

Le constat de départ est banal. Avec un ordinateur portable et un téléphone, on travaille partout : au lit, adossé aux oreillers, dans un fauteuil, au bar, dans le train. Le bureau de chambre, pensé pour écrire à une époque où l’on voyageait avec des dossiers papier, finissait souvent couvert de sacs, de vestes et de clés de voiture. Dans des chambres urbaines aux surfaces comptées, il occupait une place que les concepteurs préfèrent donner à un endroit où s’asseoir, s’allonger ou poser sa valise ouverte.

Le travail, lui, n’a pas disparu : il a changé de pièce. Les hôtels le déplacent vers les espaces communs, plus vivants et mieux pensés pour cela. Le hall devient un salon où l’on s’installe avec un café, le bar ouvre ses tables dans la journée, les salles de réunion se réservent pour quelques heures. L’idée est simple : la chambre sert à dormir et à se poser, le reste de l’hôtel sert à travailler et à se rencontrer.

À Bordeaux, un hôtel du quartier d’affaires a fait ce choix : les chambres de cette adresse de Mériadeck n’ont pas de bureau mais des banquettes, et le travail à plusieurs peut se replier dans l’une de ses cinq salles de réunion.

Ce que les voyageurs y perdent

Ce parti pris a ses limites, et ceux qui travaillent vraiment le soir les connaissent. Une heure de visioconférence sur une banquette, l’ordinateur posé sur les genoux, fatigue la nuque et offre à vos interlocuteurs une vue plongeante sur votre menton. Rédiger un rapport de vingt pages ou reprendre un tableau chiffré sur une table basse n’a rien de confortable. Et pour un appel confidentiel, le hall animé n’est pas une option. La lumière pose aussi question : une chambre pensée pour la détente privilégie les éclairages doux, agréables le soir, beaucoup moins pour relire un contrat ou corriger un tableau.

Le problème touche surtout deux profils : ceux qui prolongent leur journée à l’hôtel, comme les consultants en mission ou les formateurs qui préparent la séance du lendemain, et ceux qui restent plusieurs nuits d’affilée. Pour un aller-retour avec une nuit sur place, l’absence de bureau passe presque inaperçue. Pour une semaine de mission, elle se fait sentir dès le deuxième soir.

La chambre sans bureau fonctionne bien pour les séjours courts et le travail léger : mails, relecture, préparation d’un rendez-vous. Elle cesse de fonctionner dès que le travail devient long ou exige de la concentration. Ce n’est pas un défaut de conception, c’est un arbitrage, et mieux vaut le connaître avant de réserver.

Comment s’organiser quand la chambre n’a plus de table de travail

La première précaution se prend à la réservation. Les photos des chambres montrent en général s’il y a une table ; en cas de doute, posez la question par écrit en précisant que vous devrez travailler le soir. Il arrive qu’un hôtel puisse ajouter une table ou proposer une autre catégorie de chambre, encore faut-il le demander.

Ensuite, quelques objets légers transforment une banquette en poste de travail correct :

  • un support d’ordinateur pliable, qui remonte l’écran à hauteur des yeux ;
  • un clavier et une souris compacts, pour ne pas taper penché sur la machine ;
  • un casque avec micro, qui évite de parler fort dans une chambre aux cloisons fines ;
  • une rallonge courte, les prises n’étant pas toujours placées près de l’assise.

Enfin, profitez de ce que l’hôtel a mis à la place du bureau. Le hall en milieu d’après-midi ou une salle de réunion réservée pour deux heures offrent souvent de meilleures conditions qu’une table de chambre, avec en prime le sentiment de quitter son lieu de repos pour aller travailler.

Un dernier conseil : séparez les tâches. Gardez la chambre pour ce qui se fait bien dans un fauteuil, relire, trier ses mails, préparer ses notes, et descendez travailler ailleurs pour tout ce qui demande un écran à bonne hauteur et une heure de concentration. Le soir venu, vous n’aurez plus l’impression de dormir dans votre bureau.